Au Coeur des Familles Agricoles

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MAISON DE RÉPIT
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LEVÉE DE FONDS 2013

DÉFI VÉLO ACFA 2013
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L'ÉQUIPE FAIT LA FORCE!

MERCI À NOS DONATEURS 2012 - 748 600 $

Comité ambassadeur
Mme Élyse Macdonald, coordonnatrice au développement des affaires, Therrien Couture Avocats
M. Yvan Lacroix, directeur général, AQINAC
M. Alain Veillette, gestionnaire de produits agricoles, BMR agrizone
M. Charles Bachand, président, Salon de l'agriculture
M. Yves Mathieu, Projets spéciaux, Desjardins
M. Éric Bernard, directeur principal, marché agricole – Desjardins
M. Sylvie Martel, directrice administrative, La Terre de Chez Nous
M. Christian St-Jacques, président, Fédération UPA – Montérégie
M. André Plante, directeur général, Association des jardiniers maraîchers du Québec
M. Luc Forget, 2ième vice-président, La Coop Fédérée
M. Claude Corbeil, commissaire à l'agriculture, CLD des Maskoutains
M. Vincent Giard, vice-président Opération Québec, Financement agricole Canada
M. Jean-François Brouard, vice-président aux affaires corporatives, La financière agricole du Québec
M. Denis Boudreau, directeur principal, Banque Nationale
M. François Blain, vice-président services financiers agricoles, Banque Royale du Canada
M. René Mongeau, président de campagne, président Ordre des agronomes du Québec
M. Jean-Claude Poissant, président Au Cœur des Familles Agricoles, producteur laitier
Mme Nathalie Roy, agente de projet, secrétaire Au Cœur des Familles Agricoles, productrice porcine
Mme Maria Labrecque-Duchesneau, 2ième vice-présidente et directrice générale, Au Cœur des Familles Agricoles.

Donateur Mécène
Coop Fédérée - 125 000$

Donateur Platine (25 000 $ et plus)
Mouvement Desjardins - 80 000$
La Terre de Chez Nous - 50 000$
AgroCentre - 30 000$
Agropur - 25 000 $
M. Yves Bolduc, Ministère de la Santé et des Services Sociaux-août 2012 - 50 000$
Groupe Estrie-Richelieu – 25 500$
Fondation du Salon de l'agriculture - 25 000$
M. Pierre Corbeil, Ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation-août 2012 - 50 000$
Fédération des Oeufs de consommation du Québec - 25 000$
Financement Agricole Canada - 25 000 $
Monsanto Canada - 25 000$

Donateur Or (20 000 $ et plus)
BMR Agrizone - 20 000$

Donateur Argent (10 000 $ et plus)
Promutuel Bagot - 15 000$
Confédération de l'UPA - Longueuil - 10 000$
Aqinac - 10 000$
Coop Comax - 15 000$
Fédération des producteurs de porcs du Québec - 10 000$
Banque nationale du Canada - 10 000$

Donateur Bronze (5 000 $ et plus)
Les amis de Cosumaj – 6 000$
Société d'Agriculture LaPrairie – 5 000$
Banque C.I.B.C. – 5 000$
Banque Royale (RBC) - 5 000$
La financière Agricole du Québec – 5 000$
Fédération des Producteurs de Cultures commerciales du Québec - 5 940$
Activités ACFA - 5 426$
Fédération des Producteurs de lait du Québec - 5 000$
Financement Agricole Canada - 2065$
Fondation du salon de l'agriculture - 5 000$

Donateur Collaborateur – 1 000 $ et plus
Banque Laurentienne du Canada – 3 000$
Covilac – 2 000$
Coop des Cantons – 1 000$
Manuvie – 1 000$
UPA – Syndicat de base Venise – 1 000$
Ferme Pionald – 1 000$
Ferme D. Brodeur – 1 000$
Ferme Warwick - 3 000$
Société d'agriculture d'Iberville – 1 405$
UPA - Fédération Saint-Hyacinthe - 1 000$
UPA - Fédération Beauce - 1 000$
UPA - Fédération Estrie - 1 000$
UPA - Syndicat de base L'Acadie - 1 000$
UPA - Syndicat de base St-Rémi - 1 000$
UPA - Syndicat de base Vallée Dorée-1 240$
UPA - Syndicat de base Varennes - 1 000$
Therrien Couture Avocats - 1 000$
Maria Labrecque-Duchesneau et Dollard Duchesneau - 1 000$
Gabriel Beauregard et Nicole Guilmain - 1 000 $
Jean-Claude Poissant - 1 000$
Mme Michèle Courchesne, Ministère de l'éducation-août 2012 - 1 500$
Les amis de l'agriculture - 2 045$
M. Jean Charest, Premier ministre-août 2012 - 2 500$
Mme Yolande James, Ministère de la famille-août 2012 - 1 000$
Association professionnelle en Nutrition des cultures - 2 000$
Mme Nicole Ménard, Ministère du tourisme-août 2012 - 2 000$
M. Dominique Vien, Ministère des Services sociaux-août 2012 - 1 000$
M. Émilien Pelletier, circonscription de St-Hyacinthe-août 2012 - 4 000$
M. François Ribello, circonscription de LaPrairie-août 2012 - 1 000$
Mme Marie Bouillé, circonscription d'Iberville-août 2012 - 1 000$
Syndicat des producteurs de cultures commerciales-St-Hyacinthe - 2 400$
Société d'agriculture de Rouville - 2 000$
Ferme Sylvain Brouillette Inc. - 1 000$
Fédération de l'UPA de la Côte-du-sud - 1 000$
Fédération de l'UPA Mauricie - 1 000$
Fédération des Agricultrices du Québec - 1 176 $
Unicour Assurances inc. - 1 500 $
Le Groupe de courtage Bernard Ducharme & Ass inc. - 1 500 $
Lareau-Courtiers d'assurances Inc. - 1 500 $
Hénault Assurance Inc. - 1 500 $
Assurancia Groupe Dupont inc. - 1 500 $
Assurance Claude Marcoux inc. - 1 500 $
Lussier, Cabinet d'assurances et services financiers inc. - 1 500 $
Groupe Jetté Assurances inc. - 1 500 $
Association des Jardiniers Maraîchers du Québec - 2 000$ 
Nicole Guilmain - 1 000$
Desjardins-Fédération des caisses du Québec - 3957 $
Morier Morier notaires - 1 750$ 

Donateur Ami (moins de 1 000 $)
UPA - Syndicat de base Vallée du Richelieu
UPA - Syndicat de base Provençal
UPA - Syndicat de base Rouville
UPA - Syndicat de base Prévert
UPA - Syndicat de base Ste-Martine
UPA – Syndicat de base de St-Henri
UPA - Syndicat de base Ste-Scolastique/Mirabel
Syndicat des producteurs de lait – St-Hyacinthe
Syndicat des producteurs de porc – St-Hyacinthe
Jean-Marc Provost
Rachel Poirier
Claude Bilodeau
Richard et Carole Duchesneau
Louise Vaillancourt Gladu
Simon Campbell
Carole Desaulniers
Sophie Meunier
Ferme Spani et fils inc.
Michel Decelles
Ferme Rolait
Camille Deschènes
Huguette Daigle
Pascal Thériault
Bernard Verret
Gilles Lupien
Normand Hébert
Christiane Michaud
Ferme Lecours / Bernard
Alain Champigny
Noresco
Ferme Ferguy
Ferme D & V Blais
Paul Decelles
Coop Ste-Catherine
Coop les Bois-Francs
Ferme Bavaria
Marc-André Roy
Yolande Duchesneau
Ferme du Nord
Coop La Seignerie
Gilbert Gaudette
Alain Bryson
Pierre Daigneault
J.O. Lévesques Ltée.
La Terre de chez nous
Mario Bernier
Ferme Wercat S.E.N.C.
Fernand Tardif
Ferme Mondre Inc.
Maurice et Julie Montcalm
Potager Mont-Rouge
Diane O. Gilbert
Jocelyne Plouffe
Lise Laroche
Monia Grenier
Maurice Létourneau
Eleveurs de volailles de la Montérégie-est
Claude Bernard
Maurice Girard
Ferme Gilles Desharnais Inc.
Fierté agricole du Québec
Normand Martineau
Société d'agriculture de la Vallée de Châteauguay
Suzanne Duquette
Syndicat des producteurs acéricoles St-Jean-Valleyfield
Joël Zummo
André Chagnon
Thérèse Cloutier
France et Robert Beaudry
P.R. Chabot Inc.
Plantes Agri-Concept Inc.
David Bessette
Louise et Réjean Bessette
Claire Desaulniers
Alphonse Pittet
Jean-François Aumont
Pierre Lacoste
Jocelyne Drolet
Vincent Mailloux
Denis Pion
Robert Babeu
Claude Barnabé
Guy Bisson
Christiane Blanchard
Michel Bournival
Arthur Duquette
Ferme Laflamme
Ferme N.Y. Rhéaume Inc.
Halchemix Canada
J.P. Fontaine
Bernard Leblanc
Mario Mathieu
Moulée Mathieu
Laurent et Céline Nicol
UPA - Syndicat de base Bagot
UPA - Syndicat de base St-Clet
UPA - Syndicat de base St-Polycarpe
Syndicat des pommiculteurs Vallée montérégienne
Syndicat des producteurs de bovins - St-Hyacinthe
Syndicat des producteurs d'oeufs - St-Jean-Valleyfield
Syndicat des producteurs de pommes Missisquoi-Estrie
UPA - Syndicat de base Beau Vallon
UPA - Syndicat de base Des Rivières
UPA - Syndicat de base Rivière Noire
UPA - Syndicat de base Ceinture Verte
UPA - Syndicat de base Des Frontières
UPA - Syndicat de base Des Quatres Cantons
UPA - Syndicat des cultures commerciales Mauricie
M. Yvon Vallières, Ministère des Affaires intergouvernementales canadiennes-août 2012 
M. Gérard Deltell, circonscription de Chauveau-août 2012
Hervé Herry
Les amis de l'agriculture
Peter Enright
Céline Dion et Gary Darveau
Madeleine Lambert et Joseph Beauregard
Marc Choquette
Dominique Piché
Bureau vétérinaire Ste-Martine
Germain technologie Inc.
Groupe conseil agricole Progestion
M. André Simard, circonscription de Kamouraska et Témiscouata-août 2012
M. Alain Paquet, Ministère des finances-août 2012
Marc André Roy
Mme Martine Ouellet, Ministère des Ressources naturelles-août 2012
Gilles Lane
Jean-Claude Labonté et Jeanne Ricard
Luc Grenier et Bernadette Fréchette
Mme Pauline Marois, circonscription de Charlevoix-août 2012
M. Scott Mackay, circonscription de l'Assomption-août 2012
Société d'agriculture St-Hyacinthe
Mme Véronique Hivon, circonscription de Joliette-août 2012
Ferme Normand Benjamin Inc.
Guil-Porcs Inc.
Société d'agriculture St-Hyacinthe
Écocert Canada
Fédération UPA - Lévis-Bellechasse/Rive Nord/lobninière-Mégantic
Excell Porc
Guy Beauregard
Ferme Marbi Senc.
Alain Veillette
Georges et Gisèle Simioni
Gestion B. Dufresne Ltée
Vincent Giard
Germaine Desranleau
Gérald et Louise Charbonneau
Denis Fregeau
Fermes Jacques Verdonck Inc.
Ferme Marie-Fer Enr.
La Fédération de l'UPA Outaouais-Laurentides
Lucille Boulet
Ghislain Cloutier et Pierrette Lemieux
Boris Schumperli et amis
Ferme Benchris S.E.N.C.
Jean-Guy Baribeau et Micheline Lemieux
Holstein Québec
Ferme M.D. Inc.
Gertrude Deslauriers
Marie Dunberry
Mario St-Pierre et Karine Barré
Ghislain St-Pierre
Nicolas St-Pierre
Claudette Barré
Syndicat des producteurs de lait de la Mauricie
Fédération de l'UPA de la Montérégie
Lucien Thomas
Gabriel et Colette Lanteigne
Famille Losier
Famille Roland Boudreau
Mario Boulay
Julie Frégeau
Jean Vigneux
Fédération québécoise des producteurs de fruits et légumes de transformation
Syndicat des producteurs agricoles Haute-Mauricie
Michel Poissant
Prograin
Ferme Letellier
Claude Carignan
Ferme Francel enr.
Lisa D'Arterio
Ferme B.H.S. Inc.
Kingsley-Poole
Moisan Richard
Ferme COPOR Inc.
Landry Denise
Michel Viens et Suzanne Dion
Julie Boisvert
Réjean Joyal
Groupe Hemlock Group Inc. 
Valérie Letellier 
Ferme Janibert Inc.
Joane Gibeau
Chantal Strévey
Ferme Despatry senc.
Ferme Beauvide
Paul Émile Yelle
Richard G. Moisan
Denise Landry
Sébastien Lépine
Ferme Belle de jour Inc.
Hermel Giard
Roseline Ménard
Lucie Arpin
André Labrecque
Ferme Diane et Gilles Giard senc.
Ferme I.V.C.P.
Dow AgroSciences Canada
Rock Lapointe
Éric Marcoux et Koliny Chhim
René Mongeau
Centraide Ottawa
Ferme Pépinoise Inc.
Richard et Carole Duchesneau
Donateurs anonymes

Le travailleur de rang

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Le « Travailleur de rang »

…une plus-value pour une qualité de vie en milieu rural agricole

Mise en contexte

De tout temps, notre agriculture a été un pilier de l’économie québécoise, une histoire de famille et un héritage transmis de génération en génération. S’il en est encore ainsi aujourd’hui, les règles du jeu se sont profondément transformées : de simples exploitants qu’ils étaient, nos producteurs et productrices agricoles sont devenus des gestionnaires d’usine à ciel ouvert. Autres temps, autres mœurs…

De nombreux facteurs sont venus alourdir la tâche des familles agricoles, beaucoup moins nombreuses, il va sans dire?  Aux changements climatiques, aux contraintes de réglementations toujours plus rigoureuses,  à la vive concurrence des marchés mondiaux et à de multiples autres impondérables se sont ajoutés la rareté de la main-d’œuvre, l’arrivée en force de la technologie, le surendettement, tout cela, afin de suivre la parade d’obligations. La fragilisation de l’agriculture, qui se répercute sur la santé  physique et psychologique du producteur et de ses proches, se traduit par de multiples abandons de ferme. Plus que jamais, il faut une santé de fer et des nerfs d’acier pour tirer son épingle du jeu. Dans les productions les plus vulnérables, les familles ont l’impression d’être abandonnées à elles-mêmes.

Il faut cependant creuser davantage pour bien cerner la problématique.  Alors que les générations précédentes jouissaient du respect et de l’estime de la population, le capital de sympathie des familles agricoles a fondu comme neige au soleil. Un fossé s’est creusé entre la ferme et la table, faisant naître de nombreux préjugés. Vus comme des pollueurs de la pire  espèce, les producteurs agricoles accordent pourtant plus d’attention à leurs terres et à leur ferme qu’à leur propre santé. Ils ont aussi une conscience sociale et environnementale bien développée. Comme fournisseurs des produits de base de notre alimentation, ils n’ont jamais failli à la tâche. Aussi, les pratiques agricoles sont encadrées par des normes environnementales toujours plus strictes. Malheur à celui qui les contourne !

À ce courant d’opposition s’ajoute la voix montante des « rurbains », ces citadins qui élisent domicile dans les milieux ruraux, en périphérie des grandes villes, et se disent importunés par les odeurs et les bruits générés par l’activité agricole. Cherchant le meilleur des deux mondes, ils réagissent comme si l’agriculture était un caprice. Leur compréhension limitée de l’agriculture et de l’agriculteur alimente cette intolérance.

Le travailleur de rang : agent de changement

Conçu et développé par Maria Labrecque Duchesneau, directrice fondatrice d’Au Cœur des familles agricoles (ACFA), le concept de travailleur de rang, inspiré du travailleur de rue, s’inscrit dans une approche préventive proactive. Il cible les producteurs agricoles et leur famille et englobe le réseau social et la communauté. Soulignons qu’ACFA, un organisme à vocation sociale de notoriété nationale, actif à l’échelle provinciale, se dédie au mieux-être des familles agricoles et à leur santé mentale. Voilà une dizaine d’années que Maria agit comme intervenante psychosociale en milieu rural agricole. Face à une demande grandissante, cette pionnière du travail de rang eut un jour l’idée de multiplier la formule, sans alourdir la structure de l’organisme. L’année 2009 a vu poindre une relève dans le cadre des Laboratoires ruraux du Ministère des Municipalités (MAMROT) d’un projet pilote mené sur six ans, à l’intérieur de deux municipalités. Avec l’embauche de deux travailleuses de rang, oeuvrant chacune dans la complémentarité avec une municipalité, un CSSS et un CLD, un premier coup de barre était donné. ACFA s’est aussi allié l’expertise de l’Agence de santé et des services sociaux de la Montérégie pour orienter le projet et le mener à bon port.

 

La réalité agricole : l’humain d’abord!

De façon générale, la propriété des exploitations agricoles au Québec est majoritairement réservée aux hommes. Les femmes, propulsées par la détermination, le don de soi et la passion, acquièrent, avec l’appui de divers groupes, la visibilité nécessaire pour que leur contribution au développement de la ferme et de l’agriculture soit  reconnue. Mais il y a loin de la coupe aux lèvres. Plus souvent qu’autrement, femmes et enfants y sont peu, sinon aucunement rémunérés. Pourtant, sans la femme qui relie tous les rouages et éteint les feux, la machine ne saurait tourner aussi rondement. Pas étonnant alors que les femmes soient celles qui absorbent le plus haut niveau de stress sur la ferme. Là où travail,  famille et valeurs intergénérationnelles se confondent et s’entrechoquent, elles n’ont pas leur pareille pour apaiser  les conflits qui éclatent en raison de cette proximité.

Parmi les fils et les filles de producteurs, certains nourrissent un attachement pour le patrimoine, ou à tout le moins l’ambition de reprendre la ferme. Les transferts de ferme, qui s’échelonnent généralement sur plusieurs années, ne se font pas sans heurts. Il s’agit d’abord et avant tout d’une affaire de cœur. Après s’être investi corps et âme dans l’entreprise, les parents voudront que leur relève fasse ses preuves. À l’inverse, le jeune interprétera cette prudence comme un manque de confiance. Bien sûr, le  couple sera tiraillé entre l’idée de favoriser l’accès des enfants à la propriété et le désir bien naturel de s’assurer une retraite confortable.

Heureusement, les jeunes de la relève sont de plus en plus encouragés à se former et à acquérir des outils qui contribuent à une gestion et une prise de décisions éclairées. Lorsqu’ils prennent les rennes de l’entreprise, ils possèdent déjà une expérience pratique et sont pleinement conscients du travail et des horaires contraignants qui vont de pair avec ce métier. Pour assurer la rentabilité de son entreprise, pour veiller sur la qualité de sa production et la santé de son troupeau, le producteur doit pouvoir puiser dans ses propres ressources, tout en demeurant à l’affût de l’actualité.

Les producteurs et productrices agricoles ont beau chérir leur indépendance, leur ferme n’est pas une île pour autant. Tous doivent se soumettre aux  réglementations imposées par le monde des affaires agricoles et les différents paliers gouvernementaux, incluant le Ministère de l’Environnement, le MAPAQ et la Financière agricole du Québec.

Devant le surendettement ou l’absence de relève, certains producteurs se résignent, la mort dans l’âme, à abandonner leur ferme. Un dur prix à payer pour ceux et celles qui y ont investi de 80 à 100 heures par semaine, sept jours sur sept, durant toute une vie. Pour la plupart des producteurs, un abandon de ferme équivaut à un constat d’échec, une atteinte à la fierté, la honte d’abandonner le patrimoine familial dont ils auront beaucoup de difficulté à se remettre.

Problématique et pistes de solution

Population vieillissante, exode des jeunes vers les villes, rangs désertés, difficulté d'accès aux services publics, économie anémique, insécurité, repli sur soi, détresse, voilà le triste portrait de la réalité rurale. Dans un tel contexte, comment s’adapter lorsque des monuments s’effondrent, que les pertes laissent des blessures profondes et que la cohabitation entre ruraux et rurbains devient facteur de division et de stress? Comment retrouver une qualité de vie ? Et si l’entraide était la solution…

Les CSSS des différentes régions du Québec, qui comptent parmi les ressources existantes, offrent à toute la population des services médicaux et psychosociaux en urgence, avec ou sans rendez-vous, ou via le téléphone, 24 heures sur 24, tel Info-Santé. Le secteur privé est également présent dans le domaine de la santé, tout comme les organismes communautaires. Ces services sont surtout offerts de jour et le soir jusqu’à 20 h.

Les familles agricoles qui vaquent à leurs tâches d’un soleil à l’autre, souvent loin de la ville, sont peu portées à y accéder. Elles se résignent à consulter lorsque le problème nuit à la bonne exécution des tâches. Comme quoi, en agriculture, le travail passe avant tout! Dans le milieu, c’est bien connu, le monde des affaires agricoles et les services gouvernementaux se sont adaptés à cette réalité typiquement agricole et se rendent sur la ferme pour rencontrer les producteurs. Les services de santé doivent en faire autant. Une telle compréhension est essentielle pour répondre adéquatement aux besoins.

Le rôle d’ACFA

Né du besoin ressenti par sa fondatrice de se porter  au secours  des producteurs en difficulté, ACFA a greffé à sa structure un réseau d’entraide qui lui permet de faire le maximum avec un minimum de ressources. ACFA se positionne ainsi comme « aide et référence » en milieu agricole et fournit un soutien qui varie selon l’urgence de la demande. Les CSSS, les organismes communautaires et autres services prennent le relais de sa ligne d’urgence pour assurer le suivi quand c’est possible. ACFA voit ainsi à créer des conditions propices à une meilleure qualité de vie pour ses protégés.

En plaçant la santé au premier plan, ACFA fait le lien entre ceux qui ont besoin d’aide et ceux qui veulent aider. Dans ses interventions, il est important de connaître l’agriculture dans toutes les productions. Des moyens simples et accessibles, à l’image de sa clientèle, sont utilisés. Tout en ciblant les familles agricoles, ACFA étend son action à la population étudiante, aux retraités et aux gens d’affaires du milieu agricole. Sensibiliser ses nombreux collaborateurs à la réalité agricole fait aussi partie de ses objectifs, comme en fait foi son projet Travailleur de rang.

D’entrée de jeu, les interventions d’ACFA ont été axées sur la cellule familiale. La raison est simple : en milieu rural, et encore plus sur les fermes, les difficultés, les conflits, les problèmes financiers et la maladie n’affectent pas qu’un seul individu….en ajout, une ferme dans sa continuité au quotidien. Le producteur malade, blessé et ou pas d’humeur, les vaches se font traire soir et matin pareil.

De travailleur de rue à travailleur de rang

À l’instar du travailleur de rue, le travailleur de rang (TR) a pour rôle d'entrer en relation avec les personnes isolées là où elles sont.  Ce travailleur de terrain valorise la justice, l’égalité, la dignité humaine et la solidarité. Il est à l’affût des besoins et s’assure que chacun trouve sa place  sur la ferme. Pour ce faire, il tisse des liens et met des gens en contact. Il recense les talents et les intérêts. Le réseautage lui permet de repérer les leaders, les aidants et autres ressources pour s’en faire des alliés qui seront  amenés à s’investir dans un projet collectif dont ils vont bénéficier.

Grâce à une approche éducative et préventive, le TR favorise le développement des compétences personnelles et sociales de chacun, contrant l’apparition de problèmes tels l’isolement, la dépression, la toxicomanie, la violence et j’en passe. En intervenant individuellement auprès  des familles, il invite les personnes rencontrées à partager leurs compétences et leurs capacités d’interagir dans leur communauté. Il encourage la tenue d’activités sociales auprès des jeunes et des moins jeunes, contribuant à ce qu’ils se prennent en main. En inculquant de bons comportements, le TR mise sur la volonté du milieu pour développer son plein potentiel, cheminer vers une autonomie responsable et augmenter sa capacité d'adaptation au changement. Le TR, comme catalyseur d’une synergie régionale, fait naître une complicité chez les divers acteurs de sa communauté, ainsi que le goût de participer à un  travail pluridisciplinaire, dans la complémentarité.  La nature de son travail favorise le dépistage des situations problématiques, ce qui lui permet d’intervenir, de façon individuelle, pour appuyer la ou les personnes concernées dans la recherche d’une solution durable.

Formation des travailleurs de rang

Bénéficiant des outils et du réseau du formateur de travailleurs de rang (FTR), un rôle assumé par la directrice d’ACFA au sein du projet pilote, le TR est la bougie d’allumage du changement anticipé. En sa qualité d’expert du volet rural agricole qui possède déjà la confiance du milieu, le FTR devient la courroie de transmission. Il lui appartient d’orchestrer la formation des TR donnée sur le terrain (dans le rang) au fil de ses interventions dans les villages et de leur transmettre son savoir pour faciliter leur intégration. Trait d’union entre les différents acteurs, le FTR  est un coach et un éclaireur pour le TR. Grâce au TR, des liens seront tissés avec les familles rurales et les partenaires majeurs. Des effets multiplicateurs sont rapidement engendrés.

De par sa formation et l'essence de sa mission, le TR est amené à saisir la dynamique du milieu rural et à prendre le pouls des gens qu'il côtoie : familles rurales, représentants du milieu des affaires agricoles, institutions de financement, UPA, CSSS, conseil municipal, organismes communautaires… Sa créativité et son entregent aidant, le TR contribue à l'émergence de projets rassembleurs de concert avec les conseillers en développement rural. Mise sur pied de comités, mise en valeur du leadership, concrétisation du Pacte rural, intégration des néo-ruraux sont autant de moyens d’amener la communauté à se prendre en main.

Grâce au maillage créé, le réseau d’entraide d’ACFA renforce ses points d’appui. S'ensuit l'étape de l’appropriation : l'intérêt grandit avec les réalisations et l’appréciation des bienfaits ressentis, sur le plan personnel et collectif. L’émulsion des idées et l’atteinte de résultats tangibles font jaillir une culture de fierté et d’entraide, qui prend racines dans un sens de l’appartenance et une confiance ravivés. La communication, renforcée par la visibilité que les médias locaux accordent à ces initiatives, joue un rôle vital en termes de promotion et de gratification des efforts, et de réussite du projet. Tout compte fait, l’ensemble de ces initiatives contribue à la revitalisation de l'économie.

À son tour, le TR devient formateur, dans les municipalités  « rurbaines »,  en contribuant à une meilleure compréhension de l’agriculture et revalorisant le travail des familles agricoles. La création de liens significatifs au sein de la communauté est fondamentale pour générer des retombées sociales, culturelles et économiques positives sur les villages.

Conclusion

Il n'y a rien de tel que le plaisir de travailler ensemble et de se retrouver pour faire naître une volonté de changement. Parmi les changements observés, relevons une vie plus équilibrée, le rapprochement des familles et des générations, le partage des passions, du savoir et du savoir-faire, ainsi que l’attachement des adultes de demain à prendre la relève en transportant les traditions à travers l’évolution. La création d'un climat de confiance et de sécurité encourage  la libre expression de la créativité, du leadership et d’une relève dynamique qui sait faire la part des choses.

Là où on est heureux, on crée et on s’y multiplie. Aux yeux du TR, les membres d’une communauté qui évolue dans le respect mutuel n’est rien d’autre qu’une grande famille. Autant de gens, à proximité, sur qui on peut compter et avec qui partager dans les moments de joie comme dans les difficultés.

Le projet Travailleur de rang  est un modèle souhaité et exportable dans les diverses régions rurales du Québec.

L’approche <Travailleur de rang> au programme

Hiver 2012

ACFA offrira une formation sur mesure présentant l’approche du Travailleur de rang, le producteur agricole et sa famille, le milieu agricole et la communauté rurale en santé. Cette formation s’adresse aux travailleurs sociaux et toutes personnes en relation d’aide désirant  connaître et s’intégrer dans le milieu rural agricole. Information : (450) 460-4632.

 

Défi vélo ACFA-2013

ÉTAPE II -Bilan factuel

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Étape 1

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